Conférence de Monsieur le Vice-Président de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale : Monsieur Ousmane Diagana échange avec les cadres de l’UGANC !

Comme prévue, la conférence du Vice-président de la Banque Mondiale pour la région de l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Son Excellence Monsieur Ousmane Diagana, a bien eu lieu, le jeudi 8 juillet 2021, dans l’auditorium de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, sur le thème : « Stratégie régionale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale : Le renforcement du capital humain et autonomisation des femmes. »

La cérémonie a connu la présence du Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Prof. Binko Mady Touré, le Vice-président de la Banque Mondiale pour la région de l’Afrique de l’Ouest et Centrale, le mauritanien Son Excellence Monsieur Ousmane Diagana, les responsables du Bureau de la Banque Mondiale à Conakry, Monsieur le Recteur de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Prof. Doussou Lancinè Traoré, Madame et Monsieur les vice-recteurs, la Secrétaire Générale, les responsables du projet Booster les Compétences pour l’Employabilité de la Jeunesse, Mesdames Iliassou Baldé (Gestionnaire) et Kadiatou Doumbouya (Coordinatrice), les membres des comités des 15 sous-projets financés par la Banque Mondiale, le Consultant Monsieur Mamadou Aliou Barry, les Doyens de Facultés, les Directeurs Généraux, les Secrétaires Généraux, les Chefs de Département, les Directeurs de Programmes et le Collège des étudiants de l’UGANC.

Au cours de son allocution, Monsieur le Recteur de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, Prof. Doussou Lancinè Traoré, a tout d’abord indiqué : « C’est pour moi une immense joie doublée d’un grand honneur de recevoir dans le Temple du Savoir Monsieur le Vice-président de la Banque Mondiale pour la région de l’Afrique de l’Ouest et Centrale et sa suite dans le cadre d’une conférence sur la « Stratégie de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale ». Au nom de tous les travailleurs et les Étudiants de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry, je vous souhaite la bienvenue et un agréable séjour de travail en terre africaine de Guinée. »

« En effet, l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry est la toute première université guinéenne fondée en 1962 et qui va fêter l’an prochain, son soixantième anniversaire. Depuis sa création jusqu’à nos jours, cette Institution a formé plus de quatre-vingt mille cadres aussi bien Guinéens et qu’Africains qui occupent diverses hautes fonctions dans leur pays. La conférence qui nous réunit ce matin revêt un intérêt capital non seulement pour les Gouvernants, mais aussi pour les Administrateurs et les Étudiants qui doivent assurer la relève et qui, heureusement, constituent le maillon le plus important de nos sociétés. L’Afrique de l’Ouest et Centrale forme deux vastes zones composites où se côtoient quotidiennement de multiples cultures civilisationnelles, de croyances, de langues et de modes de vie aussi riches les unes que les autres regroupant 22 pays, de la Guinée à la République du Congo, en passant par la Côte d’Ivoire, le Cameroun et le Gabon avec près de 500 millions d’habitants pour 12 % de jeunes de moins de 15 ans. » a-t-il indiqué.

Il a poursuivi en donnant la situation des pays de la région couverte par le diplomate de la Banque Mondiale. « Ces dernières années, à l’instar des autres régions africaines, la région l’Afrique de l’Ouest et Centrale a connu une urbanisation très dynamique et 48 % de la population vit en milieu urbain à cause de l’exode rural avec respectivement 3,7 et 3,1 millions d’habitants, Abidjan et Dakar sont les plus grandes villes francophones du monde après Kinshasa et Paris, et Lagos est l’une des plus grandes agglomérations anglophones du monde. Cette urbanisation rapide devrait se poursuivre au cours des prochaines années. Pour leur développement économique, de nombreux pays de la région possèdent d’abondantes ressources et exportent des produits de base tels que le pétrole (Gabon, Nigéria, République du Congo), le cacao (Côte d’Ivoire, Ghana) et le coton (Bénin, Burkina Faso), la Bauxite et l’Alumine (République de Guinée). Le secteur agricole et alimentaire reste cependant prépondérant dans la plupart des pays. C’est le premier employeur (66 % des emplois) et la source de revenu de 82 millions de personnes. Riche en ressources naturelles, la sous-région regorge plusieurs opportunités. Elle a connu à partir du milieu des années 2000 une croissance économique soutenue, tirée par les prix élevés des matières premières, avant d’amorcer un ralentissement au cours de la période récente. Le PIB combiné des 22 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale (en dehors de la RDC) était estimé à près de 711 milliards de dollars en 2019. », a-t-il expliqué.

Selon Prof. Traoré : « Malgré les immenses efforts réalisés par les pays avec l’aide de la Banque Mondiale dans le cadre du soutien des efforts des Gouvernements, l’Afrique n’atteint que 40 % de son potentiel en raison du retard persistant dans les domaines de l’éducation, de la santé et le développement des compétences. A celles-là s’ajoutent d’autres fléaux comme les conflits internes et externes pour certains, l’insécurité alimentaire, la croissance démographique et les fortes perturbations liées au changement climatique qui menacent de freiner voire d’annuler les progrès accomplis au cours des dernières décennies. La pandémie de la COVID-19 qui a surpris tous les systèmes sanitaires du monde, a fragilisé les économies des pays à cause du confinement à répétition avec les arrêts de plusieurs secteurs de l’économie. En République de Guinée, en plus de la CONVID-19, le pays a été également confronté dans la région de la Guinée Forestière aux maladies à Virus Ebola et à Virus Lassa. Bien sûr, après l’épidémie d’Ebola de 2014 qui a duré trois ans en Guinée, au Libéria et en Sierra Léone, aujourd’hui, les pays sont amenés d’appliquer les enseignements de cette expérience et d’exploiter tous les instruments et compétences dont ils disposent pour endiguer la pandémie de coronavirus, en donnant la priorité aux personnes les plus pauvres et les plus vulnérables. Là aussi, nous saluons les efforts de la Banque Mondiale. »

Il s’est réjoui que le Centre d’Excellence Africain pour la Prévention et le Contrôle des Maladies Transmissibles (CEA-PCMT) de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry en cours de mise en œuvre soit financé par la Banque Mondiale et le Gouvernement Guinéen pour une durée de cinq ans et se fixe pour mission principale, d’améliorer durablement la prévention et le contrôle des maladies infectieuses transmissibles en Afrique Sub-Saharienne dont l’objectif principal est d’établir dans notre institution un programme régional d’Excellence en matière de formation et de recherche sur les maladies infectieuses transmissibles, y compris les Maladies Tropicales Négligées (MTN) qui ont subi, ces derniers temps, de très lourds tribus à cause de la pandémie de la COVID-19 qui a focalisé tous les efforts de lutte de tous les Gouvernements du monde en 2020. Le cofinancement de cette Ecole d’Excellence ajouté au financement des projets de Contrôle Industriel et Régulation Automatique (CIRA), du Centre Informatique avec l’ISFAD et du Département de Pharmacie avec le Centre de Valorisation des Plantes Médicinales de Dubréka dans le cadre de Booster les Compétences pour l’Employabilité des Jeunes (BOCeJ) est une parfaite illustration de l’engagement de la Banque Mondiale à nos côtés.

Avant d’ajouter: « Pour toutes ces raisons et d’autres, la conférence d’aujourd’hui va sans doute permettre à chacun de mieux comprendre les mécanismes et la stratégie de la Banque Mondiale dans la région Ouest Africaine et Centrale pour répondre au mieux aux différentes demandes pour faire face aux défis de développement économique que la République de Guinée a, sous le leadership de Son Excellence, le Président de la République, le Professeur Alpha CONDE, engagé à faire de la Guinée, « un pays émergent » grâce aux réformes courageuses entreprises pour le bonheur de tous les Guinéens. Je suis d’ores et déjà convaincu que les participants ici présents tendront une oreille attentive afin de cerner la quintessence de la communication et des enseignements qui seront donnés par l’expert de la Banque Mondiale. »

Lors de son exposé, le vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Son Excellence Monsieur Ousmane Diagana, a expliqué les raisons de sa visite en Guinée : « Je suis venu magnifier la qualité de notre partenariat, un partenariat fécond, avec le pays qui est un partenaire ancien. Nous avons des programmes importants dans différents secteurs de développement, mais également pour être à l’écoute des autorités et les populations guinéennes pour voir comment on peut fructifier et renforcer davantage ce partenariat surtout avec les impacts que nous avons. La COVID-19 a eu un impact sur la population, mais également sur l’économie du pays. Je dois saluer les autorités guinéennes pour la diligence dont elles ont fait preuve dans le suivi et l’exécution des projets que nous avons en Guinée. Je dois féliciter nos collègues du bureau de la Banque mondiale ici en Guinée. »

Monsieur Diagana, a ensuite rappelé que les projets financés par son institution, c’est au bénéfice des Guinéens : « C’est un partenariat. Les programmes appartiennent à la Guinée. Ils sont financés par la Banque mondiale en partenariat avec la Guinée. Ils sont conçus pour contribuer à améliorer les conditions de vie des populations. Il ne sert à rien, par conséquent, de les préparer et de ne pas les exécuter, mais il faut les exécuter dans les bonnes conditions. »

La question du Directeur de l’IP et Coordinateur du projet CIRA à l’UGANC, Dr Mohamed Tafsir Diallo : La Guinée est le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Pourtant l’accès à l’eau potable est une priorité parmi les priorités du pays. Est-ce que la stratégie de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre prévoit le renforcement des capacités dans la maitrise et la gestion de l’eau?

Le diplomate onusien a répondu : « C’est vrai que la Guinée est dotée d’importantes ressources en eau. Néanmoins, le pays est confronté à une pénurie récurrente de fourniture d’eau potable, surtout dans la capitale du pays, (Conakry). Les raisons sont liées aux infrastructures existantes vétustes, à la forte croissance démographique et à la gestion de services en eau. Pour faire face à ces défis, le Gouvernement, ainsi que ces partenaires, ont mis en place plusieurs programmes pour mobiliser des ressources qui aideront à résorber les difficultés dans ledit secteur , améliorer les services du secteur, et combler le déficit en eau potable pour les populations guinéennes. Pour ce faire, la Banque soutient cet effort à travers le Projet Urbain Eau en Guinée, qui est en cours d’exécution et avec une enveloppe qui s’élève à de 30 millions de Dollars Américains, dont la moitié est en Don. Ce projet finance des investissements en infrastructures et offre un appui institutionnel aux structures du secteur de l’eau. Ce contexte est important afin de répondre à la question parce qu’il faut comprendre les besoins du secteur afin de faire une analyse sur le besoin en formation et en ressources humaines. A cela, nous pouvons souligner trois points : Premièrement, les infrastructures en eau sont importantes pour l’économie car l’eau est un facteur important pour tous les autres secteurs tels que l’industrie et l’agriculture.

 Le secteur est aussi un générateur d’emplois, un des axes de la Stratégie de la Banque pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale. Le Projet Urbain Eau a financé un schéma Directeur pour le secteur eau vu l’horizon 2040 qui montre un besoin important d’investissement dans toutes les infrastructures de l’eau : la production, l’adduction, le traitement, la distribution et les services. Le budget total est prévu à 1.35 milliards d’Euros. Tous ces besoins nécessitent une main d’œuvre spécialisée et variée. Par exemple, il faut des ingénieurs, des économistes, des ouvriers pour les chantiers, les planificateurs etc. Donc les universités, les écoles techniques et d’autres centres d’études sont mieux placés pour former les professionnels du secteur de l’eau.

Deuxièmement, les services en eau, comme tous les services des entreprises publiques, sont importantes pour renforcer la confiance entre citoyens et l’Etat. Pour cela, les agents de structures du secteur de l’eau doivent mettre l’accent sur les relations avec le public. Pour illustrer, le Projet Urbain Eau en Guinée financera un nouveau système de gestion clientèle pour la Société des Eaux de Guinée (SEG), qui parmi d’autres objectifs, peuvent améliorer la facturation et la communication entre la SEG et les abonnés. Ce nouveau système nécessitera beaucoup d’investissements dans la mode de fonctionnement du personnel actuel et une formation sera proposée à cette fin. En plus, la Banque finance la formation du personnel des autres structures qui gèrent les infrastructures hydrauliques et l’assainissement. Cette formation vise à renforcer la capacité de ses institutions à faire face aux défis du secteur eau et assainissement. Voilà donc deux approches que la Banque utilise pour renforcer les capacités du secteur à travers des formations et développer les compétences du personnel qui travaillent dans le secteur de l’eau en Guinée ou qui veulent le faire. », explique-t-il.

La question de Dr. Mamoudou Touré, Chef de Département de Physique : Ma question porte sur les nouvelles technologies et pandémie. J´aimerais savoir ce qu´envisage la Banque Mondiale dans sa nouvelle stratégie pour l´intégration du Numérique dans le Système éducatif d´une part, et le téléenseignement en cas de pandémie ?

La réponse de Monsieur le Vice-Président : « L´intégration du Numérique dans le Système éducatif est l´une des priorités de la Banque Mondiale dans sa nouvelle stratégie. Nous sommes en train de réfléchir comment trouver une formule pour répondre à cette importante question. Egalement, le Numérique en période de pandémique, nous sommes en train de fournir de gros efforts dans ce sens. Il faut accorder une attention particulière à la formation technique et technologique. »

A rappeler que lors de la visite, Monsieur Diagana s’est entretenu avec le Président de la République, Son Excellence le Professeur Alpha Condé, ainsi qu’avec des membres du gouvernement sur les grandes priorités de développement du pays et sur l’appui de la Banque Mondiale pour leur mise en œuvre. Il a aussi rencontré les principales parties prenantes au développement de la Guinée, y compris des partenaires au développement, des représentants d’organisations de la société civile, des bénéficiaires des projets financés par la Banque.

La délégation a visité certains projets financés par la Banque mondiale notamment le site de prise en charge Covid-19 et a assisté au lancement du projet de Développement de l’Agriculture Commerciale en Guinée (PDACG).

A noter que Monsieur Ousmane Diagana, le Vice-Président de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, depuis le 1er juillet 2020, est de nationalité mauritanienne. Dans ce rôle, il coordonne les relations de la Banque Mondiale auprès de 22 pays et gère un portefeuille de projets, d’assistance technique et de ressources financières de plus de 40 milliards d’USD. Cette visite intervient alors que la Banque mondiale vient de finaliser sa stratégie pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, dont les quatre objectifs visent à établir un nouveau contrat social entre les citoyens et l’Etat, œuvrer à plus d’emplois de meilleure qualité, renforcer le capital humain et améliorer la résilience climatique. Par ailleurs, la Banque Mondiale a répondu à la requête du gouvernement en accordant récemment un financement de 28,2 millions d’USD pour soutenir l’acquisition de vaccins anti-Covid au bénéfice des populations.

L’enveloppe financière en faveur de la Guinée pour l’année fiscale 2021 s’élève à plus de 1 milliard de Dollars Américains, répartis sur 25 projets de développement.