REFAMP à l’UGANC pour la lutte contre les MGF : les autorités universitaires saluent l’initiative pour la santé des femmes et des filles !

MGF 2 MGF 3Une réunion de travail a réuni dans les locaux du rectorat de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry le mardi 2 juin 2015 les Autorités universitaires et les membres du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires de Guinée (REFAMP/G) autour du thème «  Plaidoyer de haut niveau et de mobilisation sociale pour l’abandon des MGF ». A cette occasion, du côté de l’UGANC, il y avait Monsieur le Recteur de l’Université, Dr Doussou Lancinè Traoré, les vice- Recteurs chargés des études et de la recherche, respectivement Dr Boubacar Sylla et Prof Amadou Youssouf Bah ainsi que l’ensemble des doyens de facultés, les directeurs généraux, les chefs de services et les chefs de départements. Du côté du REFAMP/G, on notait la présence de Dr Hadja Mariama Djélo Barry, présidente de la Cellule de coordination sur les pratiques traditionnelles affectant la santé de la femme et de l’enfant (CPTAFE), Dr Koyagbè Koné, Mme Aminata Mara, toutes membres du REFAMP/G.

MGFComme à tout seigneur tout honneur, l’honneur est revenu aux visiteuses de planter le décor des motifs de leur présence. La chef de mission, Dr Hadja Mariama Djelo Barry dans son intervention a indiqué les raisons de leur présence au sein de l’institution. « Les pays membres du systèmes des nations unies pour s’impliquer dans l’effort d’abandon des mutilations génitales féminines et excision ainsi que d’autres pratiques comme l’exclusion de la vie conjugale de toutes les femmes ménopausées, en partenariat avec l’USAID et l’UNICEF soutiennent la lutte contre les MGF. Donc c’est pour apporter des explications aux autorités afin de les amener à se joindre au combat qui devient désormais un combat international que nous sommes aujourd’hui dans vos murs. Ainsi, c’est dans ce cadre que le consortium comprenant la CPTAFE, REFAMP/G, la fondation PROSMI et ALERGUI, a été constitué par l’Unicef pour que nous puissions, chacun dans son domaine d’intervenir. Nous avons donc essayé de vous contacter en tant qu’éducateurs que vous êtes, d’essayer de faire un plaidoyer auprès du département ministériel afin qu’on puisse introduire dans le cursus scolaire l’aspect des mutilations génitales féminines et l’excision dans toutes ses formes. »

Dr Hadja Mariama Djelo Barry a, par la suite, rappelé en exemple qu’en Guinée forestière « C’est en cette période que les gens sont informés de l’existence des plantes médicinales ainsi que de leurs utilisations et de leur utilité. C’est ainsi que nous avons sollicité de vous rencontrer pour pouvoir faire une large campagne auprès des étudiants qui sont les futurs parents. Voilà l’objet de notre présence parmi vous. »

En réponse, Monsieur le Recteur, Dr Doussou Lancinè Traoré a souhaité la bienvenue à la délégation. «  Le sujet que vous développez est d’actualité, je demande à tous les cadres ici présents de s’impliquer activement pour la réussite de la campagne. »

Le Recteur a cédé la parole à la délégation pour présenter les différentes communications relatives au plaidoyer de haut niveau et de mobilisation sociale pour l’abandon des Mutilations Génitales Féminines.

A travers un mannequin, la présidente de la CPTAFE a expliqué les affres subies par les filles et femmes lors de la mutilation génitale féminine et excision ainsi que ses conséquences sur leur santé physique, sexuelle, morale, sociale et psychologique durant toute leur vie.

En effet, selon la conférencière, en fonction des coutumes, certaines exciseuses enlèvent entièrement les grandes et les petites lèvres pouvant causer d’importantes hémorragies et pouvant conduire à la mort ; d’autres encore enlèvent le clitoris et le mea-urinaire avec ses conséquences comme les fistules, les céphalées, les infections urinaires, la stérilité, la douleur lors des relations sexuelles, la césarienne lors de l’accouchement. Elle serait aussi responsable du taux élevé de mortalité maternelle et infantile (santé de la reproduction) en Guinée avec 980 décès sur 100 000 naissances vivantes et 136 décès sur 1000 enfants nés.

Selon toujours Dr Mariama Djélo, lorsque les drames arrivent, il n’est pas rare qu’on accuse le diable, la marâtre ou les sorciers. Elle a rappelé que cette pratique n’existe ni dans la Coran ni dans la Bible moins dans le Tora, et qu’aucun pays arabe ne pratique l’excision. C’est pourquoi, toujours selon elle, il serait important d’éliminer l’ensemble des facteurs favorisant une telle mortalité.

Le second intervenant, Dr Koyabgè Koné a commencé par la projection d’un film d’une minute où on voit une fillette entrain de subir les atrocités d’un exciseur nigérien tandis qu’elle est immobilisée par des femmes. Les images sont intenables.

Elle a ensuite parlé de la place de la tradition et des croyances dans cette pratique ancestrale rétrograde. Elle a indiqué les traditions bénéfiques comme l’allaitement, traditions néfastes comme le mariage précoce, l’excision, maternité précoce, et les traditions neutres comme porter les amulettes.

Les excisions sont pratiquées par les forgerons et les accoucheuses traditionnelles sur l’odre des parents notamment les belles sœurs, les belles filles, les tantes, les grands-mères mais rarement les maris. Les enseignements dispensés sont la patience, la discrétion, la morale, la connaissance des plantes médicinales, etc.

Selon Dr Koyabgè Koné, les raisons avancées peuvent être socioculturelles, spirituelles, religieuses et psychosexuelles. Compte tenu de l’enracinement de la pratique, pour l’éliminer il faut lancer une série de campagne de sensibilisation, de plaidoyer, de communication, de l’information, la reconversion des exciseuses. Un autre moyen peut favoriser l’abandon par l’intégration dans le cursus scolaire.

Elle a en outre donné plusieurs informations sur le résultat obtenu début la conférence de Bamako, l’adoption par les Nations unies le 6 février comme la journée internationale tolérance zéro aux MGF en 2003 ainsi que l’élaboration de la Loi en 2000 sur l’interdiction de la pratique de l’excision en République de Guinée qui n’attend que d’être appliquée.

Le débat qui a suivi a été enrichissant car tous les responsables présents ont encouragé l’initiative et se sont engagés à les accompagner dans cette lutte dont le défi est l’implication de chacun pour mettre fin à cette pratique néfaste.

Enfin, Monsieur le Recteur, Dr Doussou Lancinè Traoré a remercié les intervenants tout en sollicitant que cette sensibilisation soit élargie à l’ensemble des femmes et filles de l’université qui compte plus de treize mille âmes. Un programme leur a été proposé sur l’ordre du Recteur.

La rencontre a pris fin dans la joie et la convivialité.