UGANC et ouverture des classes : la guerre du système éducatif contre la fièvre hémorragique à virus Ebola !

ebola-ecoleL’auditorium de l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry a été l’unique cadre des ministres du système éducatif guinéen pour la formation des formateurs nationaux de lutte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola en république de Guinée. Cette grande rencontre a regroupé autour de ministre d’Etat, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Bailo Télivel Diallo, Dr Ibrahima Kourouma de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation, d’Albert Damantang Camara de l’enseignement technique et formation professionnelle, des représentants de WAHA International, Monsieur M’Baye Cheick, le coordinateur national pour la lutte contre Ebola, Dr Sakoba Kéita, des recteurs et directeurs des institutions d’enseignement supérieur public et privé, des Directeurs communaux de l’éducation, des directeurs régionaux de santé, 110 cadres nationaux ainsi que des étudiants en médecine de l’UGANC.

Monsieur le Recteur de l’UGANC, dans son allocution de bienvenue, a indiqué que « Le combat contre le Virus Ebola devient de plus en plus un impératif pressant. »

Il a poursuivi en ces termes « Depuis le mois de mars 2014, la Guinée est confrontée à sa première épidémie de fièvre hémorragique à Virus Ebola, première épidémie du genre en Afrique de l’Ouest. La gestion de cette épidémie demande une action immédiate de santé publique et une expertise critique en sciences sociales. Dès les premières heures de l’avènement de cet évènement sanitaire majeur et inhabituel, les institutions de recherche du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique se sont parfaitement impliquées aux côtés du Ministère de la Santé Publique et de l’OMS dans la mise en place de la riposte. »

« Parti seulement d’un cas, la Guinée a enregistré (selon le Site Rep. n°158 à la date du 21 septembre 2014, un cumul de818 cas confirmés avec 465 décès). Nous constatons avec regret que le taux de létalité de cette Epidémie est très élevé et avoisine les 50 %. » a –t-il dit

Avant d’ajouter « Que le Système Educatif Guinéen tout entier, se mobilise suite à l’appel lancé par le Premier Magistrat de la Nation, constitue en soit un bel exemple qui galvanisera l’ardeur des autres Départements Ministériels à s’engager sans réserve dans la lutte. »

S’agissant du représentant du WAHA international, Monsieur M’Baye Cheick a indiqué que « Désormais il est important de changer les paradigmes de lutte contre la maladie. De travailler sur les racines de sa transmission. D’agir sur les causes et pas uniquement les conséquences de la propagation d’Ebola. »

Pour lui, « Le traitement est certes essentiel, mais pas plus que de travailler en amont pour tenter de désamorcer le taux de propagation. C’est un problème comportemental qui alimente la maladie. Travaillons donc à changer les comportements. Le message de peur doit être remplacé par le message d’espoir. »

Il a poursuivi en disant que ce programme de formation des enseignants, soutenu par les ministères du secteur de l’éducation « jouera un rôle essentiel dans la mobilisation et la conscientisation de la jeunesse guinéenne. La formation des formateurs nationaux choisis par le ministère de l’éducation débutera aujourd’hui. Ces formateurs seront ensuite chargés de former l’enseignement des enseignants de l’école primaire, secondaire et universitaire en Guinée, ainsi que des personnels des écoles et des autorités communautaires. »

« Loin des discours alarmistes sur Ebola, dans ce contexte de crise, WAHA souhaite porter un message d’espoir. Et aider la population guinéenne à être actrice de sa propre lutte contre la maladie, et être partie prenante de la résistance de leur système de santé contre le virus. En un mot, il s’agit d’inclure davantage les hommes, les femmes et les enfants de ce pays dans un combat contre la maladie à virus Ebola qui ébranle les solidarités dans la société guinéenne. »  a-t-il terminé.

Le ministre d’Etat, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, promoteur de cette initiative a tenu, tout d’abord à faire la situation de l’école guinéenne dans son ensemble : la population scolaire et universitaire se chiffre en 2014 à environ trois millions de personnes ; 2 500 000 élèves pour le pré-universitaire avec près de 70 000 enseignants ; 40 000 élèves pour l’enseignement technique et professionnel avec 1793 enseignants ; et plus de 100 000 étudiants pour l’enseignement supérieur avec 7000 enseignants-chercheurs.

Création de conditions optimales pour la rentrée scolaire te universitaire…

Bailo Télive Diallo a, au nom de l’ensemble des ministres en charge de l’éducation, réitéré leur ferme volonté de protéger les élèves et étudiants contre la fièvre à virus Ebola dans les établissements :  « Il y a donc lieu de créer des conditions optimales de prévention dans nos établissements de formation avant d’ouvrir les classes, étant entendu que les enfants viennent de divers horizons, mais le faire rapidement, avec célérité ; afin d’ouvrir au plus tôt les classes et garantir une année scolaire et universitaire complète et sécurisée. »

Des défis dans la guerre contre  le virus Ebola….

Selon Bailo Télivel, ils ont concocté le programme sectoriel d’urgence sanitaire qui se fixe pour objectifs d’amener les élèves, les apprenants, les étudiants et tous les encadreurs à comprendre la maladie Ebola et à appliquer toutes les mesures de prévention.

Pour coordonner, impulser et suivre le programme d’action, un Comité sectoriel d’urgence sanitaire a été mis en place avec des démembrements au niveau de toutes les structures scolaires et universitaires.

Les efforts de prévention seront appuyés par la mise en place d’un dispositif visant à doter toutes les structures de formation en kits hygiéniques comprenant des désinfectants, savons, chlore, seaux avec robinet. Ces kits seront installés devant les salles de classes, dans les ateliers, les laboratoires, les bibliothèques, les amphithéâtres pour le lavage des mains.

Des latrines et points d’eau seront construits dans les établissements d’enseignement qui n’en disposent pas. Les infirmeries scolaires et universitaires seront ouvertes ou renforcées et les écoles des zones touchées seront désinfectées.

Un document chiffré, élaboré par les ministères en charge de l’éducation, est à disposition. Il devra certainement être réajusté au fur et à mesure de l’évolution de la situation sur le terrain.

« Les ministres en charge de l’éducation vous demandent aussi de considérer un autre aspect de l’implication des élèves, des étudiants et des établissements d’enseignement dans la riposte contre Ebola. A ce point de vue, le négatif doit se transformer en positif, et au lieu de faire des élèves et des enseignants des victimes potentielles du virus, il faudra plutôt les considérer comme une task force, c’est-à-dire un vecteur efficace  d’information, de sensibilisation, de veille et d’alerte dans leurs milieux : familles, quartiers et villages, capables de seconder les services compétents dans la campagne de sensibilisation et d’information de proximité. » a-t-il soutenu enfin. » a –t-il dit en substance.

Le coordinateur national de la lutte contre Ebola, Dr Sakoba Kéita, quant à lui, a salué cette initiative des ministres en charge de l’éducation et fonde tout son espoir quant à la réussite du programme de lutte contre la fièvre hémorragique à virus Ebola pour que la rentrée scolaire et universitaire se fasse sans Ebola.

Dr Sakoba Kéita a donné de larges informations sur la situation de la maladie dans notre pays et les directives de la cellule de lutte contre le virus Ebola pour mettre fin dans les trois mois à venir cette salle maladie qui a fait plusieurs centaines de victimes.

Le ministère d’Etat, ministre de l’économie et des finances, Mohamed Diaré a indiqué que cette épidémie, en plus des victimes s’attaque vigoureusement à l’économie en affectant tous les secteurs : commerce, agriculture, tourisme, et une forte augmentation des dépenses. « Le Nigéria a donné la fin de l’épidémie, nous aussi nous le pouvons. Le Président de la République, le Premier Ministre et l’ensemble du Gouvernement de la république soutenons le système éducation pour bouter cette épidémie de la fièvre à virus Ebola de la Guinée. Engageons-nous pour que d’ici trois mois qu’on mette fin à Ebola en Guinée. »

La rencontre a pris fin par la formation des formateurs au nombre de cent dix (110) personnes.